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mercredi , novembre 22 2017
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Comment gère-t-on un retour de voyage?

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Le retour de voyage est une phase « déterminante » dans un long séjour. Quand on parcoure le monde sans date réelle, on prépare généralement son retour à la dernière minute, mais comment gère-t-on le retour en lui même, et l’après voyage? Cela pourrait se résumer en 3 phases différentes…

Phase 1, la préparation du retour

Il y a deux types de voyage longue durée, celui avec une date de retour fixée à l’avance car tout est déjà planifié, et celui totalement vague avec généralement une décision de retour quelques semaines avant la date. Bien qu’éloigné sur le principe de la planification, le retour se fait de la même façon, avec beaucoup de mystère.

Pour rester sur le thème du billet aller simple, et le retour programmé 1 mois maximum à l’avance, il se passe beaucoup de changement après cette décision. Lorsque l’on voyage sans billet retour, nous n’avons aucune obligation réelle quant aux choses à faire et voir, et nous prenons la vie au jour le jour, mais dès lors qu’une date est bloquée, tout s’accélère et la peur de louper quelque chose avant la fin du voyage commence à se faire ressentir.

Nous ne le faisons jamais en temps normal, mais dès cet instant, les dernières semaines sont planifiés à la journée, les derniers bus et trajets réservés et hôtels « bookés ». Qu’on ait une certaine envie de rentrer ou non, établir un programme fait oublier généralement l’après voyage et cette part d’inconnu. On profite du début à la fin du voyage, mais les derniers jours sont encore plus intenses.

GOPR2777Nous ne sommes jamais touchés par la nostalgie pendant le voyage, à tout ce que l’on a pu voir ou découvrir, jusqu’au dernier moment, celui où l’on passe le portique de sécurité et que l’on doit attendre son vol. A ce moment, tout s’enchaine très vite et une pointe de souvenirs commence à pointer le bout de son nez. L’arrivée, les rencontres, les découvertes, tout y passe, et puis on monte dans l’avion, et ce sentiment est remplacé par une dose d’excitation, car oui, on va revoir notre famille et nos amis !

Phase 2, les retrouvailles

L’attente dans le dernier transport est toujours interminable, les minutes ressemblent à des heures, et on attend qu’une chose, se poser et enfin revoir tout le monde ! On voudrait voir tout le monde en même temps, on ne sait même plus où donner de la tête mais il y a toujours cette petite appréhension de se demander, qu’est ce qui a changé pendant notre absence. Car ces voyages ne durent pas 2 semaines, et en plusieurs mois beaucoup de choses se passent, mais dès le premier regard, première parole vous vous rendez compte que tout est toujours pareil, et que tout le monde vous attendait.

Un repas en famille, un match de foot entre amis, et la vie reprend son cours, vous en oublierez même que vous avez pu voyager si longtemps. Une routine s’installe, un ennui vous prend, et le « déjà vu » devient un tantinet oppressant.

Phase 3, et maintenant on fait quoi?

Même si dès le début du voyage, on se demande dans un coin de notre tête, ce que l’on fera en rentrant, il est dur de s’y préparer réellement.

Est-ce que l’on veut rentrer? On ne peut pas voyager éternellement, mais peut-on trouver le bonheur ailleurs?

La première semaine passée, les retrouvailles terminées et c’est le moment de décider du reste de sa vie. Où aller? Que faire? Dans quoi travailler? Où habiter? Est-ce que ce voyage m’aura servit à quelque chose? On travaille et on repart? C’est énormément de questions épineuses qui font un peu tourner la tête.

Même si on est heureux d’avoir fait ce que l’on a fait, il y a une part de nous qui se dit, peut-être que c’était inutile… même si pas du tout au contraire, mais l’instabilité occasionnée par un long voyage peut faire poser la question.

Pendant plusieurs mois levé entre 7h et 8h, visites et rencontres tous les jours, une succession d’événements qui ne donnent pas le temps de réfléchir et s’ennuyer, mais après une semaine à la maison, on a le temps de repenser à tout ce qui vient de se passer, et se mettre à cogiter.

Nous sommes des « passeurs d’aventures, des passeurs d’histoires »

CV, lettre de motivation, entretien, l’envie de repartir, tout s’entremêle jusqu’au moment où l’on trouve enfin un travail et que l’on se sent de nouveau utile. En voyage on apprend sur nous même, on apprend aux autres, on est utile… Nous sommes des « passeurs d’aventures, des passeurs d’histoires » entre les pays, les civilisations, mais le moment de transition entre cela, et un futur job, est à mon sens le plus dur à vivre de notre, encore petite, expérience de vie…

On ne nous enlèvera jamais ce que l’on a fait, mais il y aura toujours cette petite part de nous qui, sur un coup de tête, pourrait nous faire tout claquer, prendre notre sac, l’appareil photo, la caméra et s’en aller au bout du monde… À nous de la gérer !

Phase bonus, le souvenir pour la vie

Cette phase n’en est pas réellement une, elle n’est autre que le souvenir d’une vie passée, un moment vécu. Une musique qui vous rappelle un moment et vous donnera un sourire béat que personne ne comprendra, une odeur qui vous remémorera un endroit, un son qui vous fera dire, tient je l’ai déjà entendu ailleurs !

Ce sont des moments privilégiés qu’il ne nous est possible de partager qu’avec nous même.

IMG_1171Parfois, je ferme les yeux, je m’imagine à Melbourne arpentant les allées d’Albert Parc, descendant la rue du Faubourg Blanchot à Nouméa pour aller au Géant Casino faire mes courses, par moment je suis à Los Angeles sentant cette odeur de fleur qui parfume la ville, et quelques minutes plus tard je suis sur un bateau buvant un soda en attendant ma prochaine étape… Je suis partout sans l’être, mais à ce moment dans ma tête, je ne suis plus là et je revis mes instants passés dans mon présent.

Je suis un rêveur, et ma mémoire est mon ami le plus précieux. En fait, je ne suis jamais rentré…

Voyageusement

Commentaires

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6 commentaires

  1. Bonsoir,
    Je ne suis jamais partie en voyage au long cours mais quand on rentre, n’a-t-on pas l’impression de ne plus être sur la même longueur d’ondes que notre famille, nos amis ?

    • C’est toujours la grosse question avant de rentrer, bien sur il y a des choses que l’on voit différemment en rentrant, mais on met cela de côté et tout rentre dans l’ordre !

      Maintenant, on garde nos idées, et ce que l’on a vu qui nous a fait changer pour nous aussi…

  2. hello Xav, très compliqué le retour en effet ..décallage entre le truc énorme que l’on a vécu et retour dans la grisaille et le train train quotidien ; décallage entre ce que l’on a vécu et ceux qui sont restés sur place ; déception de voir que les soucis ( boulot, tune, relationnels..) sont toujours là..cette grosse parenthèse ( magique, superbe, folle ) reste une parenthèse et le retour, l’attérissage dans la vraie vie est parfois très dure..pour moi, après 1 an à l’éteanger ca n’a pas été facile ..mais life goes on.. heureusement 🙂 bon retour sur terre à tous les voyageurs !

    • Merci Pierre !

      C’est vrai, au final ce ne sera qu’une parenthèse de notre vie, peut être même la plus belle 🙂

      Mais la vie continue et le voyage ne s’arrête jamais !

  3. Salut!
    Superbe texte!
    Je vois que ton post date du 18 mars est-ce que tu es rentré il y a qques mois ou bien depuis plus longtemps?
    Je suis aussi parti 1 année autour du globe et j’ai aussi été content de rentrer au bercail voir toit le monde et un environnement « routinier » et j’aime toujours voyager chaque année et c’est ok comme ça mais , et la est la question de mon comm’, là je viens de rentrer de voyage juste 2 semaines et j’ai une puissante envie de tout envoyer bouler…et repartir sans date retour.
    Est-ce que les souvenirs sont suffisants? Ou sont – ils comme cette routine que nous devrions renouveler plus souvent au risque de perdre ce qui est acquis?

    • Merci Remy c’est très gentil !

      Pour ce voyage, le retour a été début Novembre, et je peux t’assurer que dès la première semaine, j’avais envie de tout envoyer bouler et repartir…

      Les souvenirs c’est bien, c’est agréable, mais ça ne remplace rien…

      Tu racontes, tu parles de tes souvenirs, tu te répètes, mais les gens ne comprennent pas forcement ce que tu as vécu, et c’est normal.
      Les souvenirs, c’est juste pour nous faire rêver le soir je trouve… Tu ne te dis jamais, j’y étais vraiment?

      Tu fais quoi depuis que tu es rentré?

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